Imprimer

Quelques nouvelles de l’Inde

La situation :

Comme beaucoup de pays, l’Inde est touchée par la crise sanitaire du COVID-19.Le gouvernement indien a décidé un arrêt complet du pays le 25 mars 2020. Même si cette décision est certainement justifiable sur le plan sanitaire, une décision prise sans préavis a encore une fois touché les plus pauvres : travailleurs journaliers (chauffeurs de rickshaw, petits ouvriers, vendeurs de rue etc.) habitant souvent dans les bidonvilles des grandes villes où vivent également, par exemple, les personnes qui ramassent les ordures. 

L’Inde compte 250 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté dont presque la moitié habitent dans les grandes villesdont environ 75 millions vivent dans les bidonvilles et 45 millions de « migrant workers », soit travailleurs journaliers qui viennent dans les villes à la recherche d’emploi suite à une mauvaise récolte dans leurs villages. 

Cette population gagne en général entre 150-200 Roupies par jour (env. 3 CHF) qui leur permettentd’avoir juste assez pour nourrir leur famille. Sans aucune sécurité sociale et presque aucune économie, un arrêt d’activité veut très vite dire : aucune nourriture. 

Avant la crise sanitaire, l’Inde fait face à une crise humanitaire devenue évidente dès les premiers jours suivant l’annonce du confinement où des milliers de familles, parfois avec enfants très jeunes,ont décidé de marcher jusqu’à 200-300 kilomètres afin de pouvoir rejoindre leurs villages. 

(Ce reportage sur France 2 montre bien la situation tragique d’une population plus grande que la taille de la France. Comme le dit bien tristement cette dame « nous n’avons pas peur du Corona car nous serons probablement morts avant de faim »)

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/video-en-inde-l-impossible-confinement_3903671.html

Le 11 avril, le gouvernement indien annonçait la reconduction du confinement jusqu’au 30 avril.

Qu’a fait le gouvernement pour gérer cette situation et pourquoi cela ne suffit pas :

Première vague : 

1. Annonce du versementd’un montant de 500 Rs par mois aux femmes uniquement à cela ne représente que 10% du salaire minimum, donc reste largement insuffisant. En plus pour toucher cette somme cela nécessite d’avoir un compte actif
2. Distribution de 5kg de ration (céréales et lentilles) supplémentaire gratuitement à ceux qui détiennent une « ration card » à jour à beaucoup de travailleurs migrants ont ce document enregistréà leur adresse dans leur village et la portabilité numérique été prévue pour 2020.
3. Le Gouvernement de Delhi offre 5000 Rs à chaque travailleur migrant qui reste à Delhi pendant le confinement à pour les raisons précédentes une grande partie a choisi de quitter les villes.
4. Les cantines de rues/ distribution de nourriture à souvent des files d’attentes de 3-4 heures.

Deuxième vague :

5. Le 22.04 le gouvernement de Delhi annonce la distribution des rations gratuites à 10 millions de personnes, sans la nécessité de présenter des ration-cards.
6. Le gouvernement décide un déconfinement partiel à partir du 20.04

En plus de cela, le gouvernement indien a fait un appel de dons dans un fond du premier ministre PM-CARE et le Ministère de l’Intérieur a fait appel aux associations, notamment celles qui comme nous, sont enregistrées sous le FCRA (autorisation pour recevoir des dons de l’étranger).

Cette mobilisation reste encore volontaire et individuelle manquant de coordination globale.

Pour nous la question ne se posait pas :

Les populations, dont nous avons parlé précédemment, sont les parents et les familles de nos élèves de l’école SVM. Nous avons donc décidé d’agir immédiatement. Voici quelques actions :

1. Distribution de nourriture : dans les premiers jours et en attendant que les dispositifs du gouvernement se mettent en place, Aslam et son équipe sont allés dans les bidonvilles avoisinants et ont distribué des paquets de céréales représentant 2 jours de ravitaillement. Nous avons aussi répondu comme on pouvait à l’appel d’aide de certains parents d’élèves. 300 paquets distribués dans la première semaine. 
2. Prenant conscience de nos moyens dans la durée de cette crise, nous avons commencé à identifier plus précisément les familles n’ayant aucun soutien immédiat possible et à aiderd’autres dans leurs démarches administratives pour obtenir l’aide du gouvernement. Par des visites régulières dans les 2 bidonvilles de Yamuna Khadar Pushta et Lalita Park, il ya actuellement 50 familles qui reçoivent un soutien alimentaire. 
3. Distribution de masques et de savon : sachant bien que la distanciation sociale est très difficile et quasi impossible dans un bidonville, nous avons décidé de distribuer des masques et un savon désinfectant par semaine à chaque famille. Aujourd’hui,nouscherchons une solution pour leur procurer des masques lavables et réutilisables. Ainsi 1050 familles sont fournies en moyens de protection d’hygiène. 
4. Aslam a essayé de voir si les lépreux, habitant sur les trottoirs proches du Gurudwara (temple sikh) au centre de Delhi, ont encore le matériel nécessaire pour changer leurs pansements. Malheureusement sans autorisation de circuler cette action n’a pas étépossible.

En plus de cela, nous continuons à payer les salaires du staff et à nous occuper des enfants résidents à l’école pour qui les cours « à la maison » continuent. 

Besoin d’aide :

Afin de continuer à financer le budget existant impacté par la fermeture du magasin Jivan et de pouvoir assumer ces nouvelles dépenses dans la durée, nous avons besoin d’aide.  

Nous estimons un écart potentiel de 6000 CHF sur l’année et environ 3000 CHF de dépenses supplémentaires au rythme actuel sur les prochains 2 mois. Chaque don est reçu de tout cœur car même 1 CHF aujourd’hui permet de nourrir une famille par jour !

Pour faire vos dons, voici nos références bancaires >>>>